Caméras, projecteurs, costumes du 19è siècle… le décor est planté. Le metteur en scène Didier Roten à la tête de la société rochelaise Anekdota Productions, tourne depuis novembre, le dernier volet de sa série de documentaires sur l’abolition de l’esclavage en France. Après « Ne suis-je pas ton frère » et « La Liberté générale », il est question dans ce troisième chapitre de la mie en place du décret d’abolition de Victor Schoeler. Les prises s’enchaînent entre La Rochelle, Saint Denis du Pin, Saintes, Rochefort, paris et Liverpool. Le film sera diffusé le 10 mai prochain (journée pour la mémoire de l’esclavage et son abolition) sur France O. Interview.
Comment définiriez-vous votre engagement en qualité de réalisateur ?
Didier Roten : Il ne nous appartient pas en tant que cinéaste d’apporter des réponses standards, encore moins d’imposer un verdict subliminal en manipulant images et propos mais plutôt de donner les moyens à chacun d’être en capacité non pas de juger en son âme et conscience mais d’y voir plus clair en toute connaissance des faits. Depuis deux décennies beaucoup de progrès ont été réalisés dans l’étude de l’esclavage. Il reste à rendre les attendus publics, à exposer le réel dans son contexte, sans tabous, à médiatiser, à populariser une vision globale à la convergence des différents points de vue. C’est l’objectif de ce film : poursuivre ensemble cette investigation dans une histoire commune. Et c’est ce que nous nous efforçons de faire depuis trois ans avec l’historien Marcel Dorigny, spécialiste de l’histoire de l’abolition de l’esclavage.
Pouvez-vous présenter ce projet sur le devoir de mémoire concernant l’abolition dont vous signez le 3è volet ?
Didier Roten : Ce film comme les précédents nous fera entrer dans la complexité de cette histoire oubliée, que certains voulurent effacer au lendemain de 1848. Il fallait tourner la page, il fallait vivre ensemble, bourreaux et victimes, maîtres et esclaves, blancs, mulâtres et noirs, dans l’utopie d’une République égalitaire. Aujourd’hui aussi il s’agit de tourner (filmer) cette page ! Afin de la restituer au plus près de ce qu’elle fut, au-delà de ce que les manuels scolaires nous ont appris… au-delà de ce que le temps nous a légué comme idée reçue…
Une partie des tournages a été réalisée en localité (La Rochelle, Saint Denis du Pin, Saintes, Rochefort). Pouvez-vous nous expliquer cette démarche (peut-être le lien avec votre société de production) ?
Didier Roten : Nos tournages se font essentiellement en Charente-Maritime car notre société de production est implantée à La Rochelle depuis 2001 et nos derniers films ont été notamment soutenus par la région Poitou-Charentes et le département de Charente-Maritime. De plus, il nous tient à cœur de faire vivre la production audiovisuelle locale en employant des intermittents du spectacle installés ici ; une dizaine de techniciens et plus de 40 comédiens de la région ont participé à ce tournage. Nous découvrons à proximité des décors vraiment intéressants liés aux 18è et 19è siècle, ou encore des lieux qui méritent d'être mieux connus comme le Musée de l'Ecole Public à Vergné.
Vos projets 2010 ?
Didier Roten : Nous avons plusieurs projets de documentaires de création pour les années à venir, notamment une série documentaire sur les troubles psychologiques qui atteignent de plus en plus les jeunes enfants comme la phobie scolaire.... De même, nous souhaitons travailler avec la télévision locale en cours de création, Cela TV qui doit émettre à partir d'octobre 2010 et pour laquelle nous réfléchissons à une série de fiction courte (à notre image comme "Plus belle la vie" est à l'image de Marseille) ; pour le développement de ce projet de fiction précisément nous recherchons actuellement des parrainages privés d'entreprises et/ou de particuliers.
www.anekdotafilm.fr
crédit photo Denis Gougeon
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